Séparation, divorce et dettes

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Georges Faucher Syndic Autorisé en Insolvabilité (SAI)
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Séparation et finances  ·  Avril 2026  ·  7 min de lecture

Séparation et dettes : faillite ou proposition pour repartir à zéro?

Par l’équipe BRESSE Syndics  ·  Syndics autorisés en insolvabilité  ·  Grande région de Québec

Une séparation ou un divorce coûte cher — financièrement et émotionnellement. Lorsque les dettes deviennent ingérables après la rupture, deux solutions légales permettent de repartir à zéro : la faillite personnelle et la proposition de consommateur. Voici comment chacune fonctionne dans un contexte de séparation, avec un exemple concret pour mieux comprendre.

La séparation est l’une des principales causes d’insolvabilité au Québec. Et c’est compréhensible : on passe d’un budget à deux revenus à un budget à un seul. Le loyer ou l’hypothèque doublent en pratique, les dettes communes restent, et les frais juridiques s’ajoutent. Beaucoup de gens se retrouvent submergés, parfois pour la première fois de leur vie.

Si vous êtes dans cette situation, sachez que vous n’êtes pas seul — et qu’il existe des solutions structurées pour reprendre le contrôle. Cet article vous explique, en langage clair, les deux principales options offertes par la loi, avec un exemple concret pour chacune.

Pourquoi la séparation entraîne souvent des dettes

La rupture d’un couple ne crée pas seulement une douleur émotionnelle — elle bouleverse complètement la structure financière d’un foyer. Voici les sources de dettes les plus fréquentes que nos clients chez BRESSE rencontrent après une séparation :

Le partage du patrimoine familial qui oblige un conjoint à racheter l’autre — souvent en s’endettant lourdement pour conserver la maison familiale.

Les dettes conjointes (cartes de crédit, marge, prêt cosigné) qui restent dues après la séparation, peu importe l’entente entre ex-conjoints.

Les frais juridiques et de médiation, qui peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars selon la complexité.

Le coût de la transition — déménagement, deuxième logement à meubler, nouvelle voiture, services à dédoubler.

La perte d’un revenu d’appoint qui équilibrait le budget familial, particulièrement difficile pour le parent gardien.

Les arrérages de pension alimentaire ou les ajustements fiscaux non anticipés après le divorce.

 

  Le piège des dettes conjointes

Même si votre entente de séparation indique que votre ex-conjoint est responsable d’une dette commune, les créanciers ne sont pas liés par cette entente. Si la carte de crédit est à vos deux noms, la banque peut continuer à vous réclamer la totalité de la somme — même 10 ans plus tard. C’est l’une des erreurs les plus coûteuses après une séparation, et elle est très fréquente.

Deux solutions pour repartir à zéro

Lorsque les dettes après séparation deviennent impossibles à rembourser avec un seul revenu, deux solutions encadrées par la Loi sur la faillite et l’insolvabilité du Canada peuvent vous offrir un nouveau départ. Dans les deux cas, elles arrêtent immédiatement les appels de créanciers, les saisies sur salaire et les poursuites — dès le jour du dépôt.

SOLUTION 1

La proposition de consommateur après une séparation

La proposition de consommateur permet de rembourser une fraction seulement de vos dettes, selon votre nouvelle capacité de paiement post-séparation, sur une période pouvant aller jusqu’à 60 mois. C’est souvent l’option privilégiée par les personnes qui souhaitent conserver leur maison, leur voiture ou leur REER — biens particulièrement précieux après une rupture.

Avec l’aide d’un syndic, vous formulez une offre de remboursement réaliste à vos créanciers. S’ils acceptent (et ils acceptent dans la grande majorité des cas), vous effectuez des paiements mensuels fixes à 0 % d’intérêt, et le reste de vos dettes est éteint à la fin.

EXEMPLE — Le cas de Caroline, 42 ans

Caroline vient de se séparer après 15 ans de vie commune. Elle a deux enfants en garde partagée et un poste stable d’enseignante à 62 000 $ par année. Suite à la séparation, elle a racheté la part de son ex-conjoint dans la maison familiale, mais s’est retrouvée avec 48 000 $ de dettes : marge de crédit, cartes de crédit conjointes qu’elle a dû assumer, et frais d’avocat.

Caroline tient absolument à conserver la maison pour ses enfants. Elle consulte un syndic chez BRESSE, qui l’aide à formuler une proposition : 320 $ par mois pendant 60 mois, soit 19 200 $ au total — environ 40 cents par dollar dû. Les créanciers acceptent.

Résultat : Caroline conserve sa maison, sa voiture et son REER. Les intérêts s’arrêtent. En cinq ans, elle est libre de toute dette — et ses enfants ont conservé leur stabilité.

Avantages


Vous conservez tous vos biens — maison, voiture, REER

Paiements mensuels fixes et prévisibles

Intérêts gelés à 0 % pendant toute la durée

Impact sur le crédit moins sévère que la faillite

Vous conservez vos remboursements d’impôt

 

Inconvénients


Durée plus longue (jusqu’à 5 ans)

Exige un revenu stable pour les paiements

Les créanciers doivent accepter (vote)

Trois paiements manqués peuvent annuler l’entente


 

SOLUTION 2

La faillite personnelle après une séparation

La faillite personnelle est une solution plus rapide qui efface complètement vos dettes libérables en l’espace de 9 à 21 mois, selon votre revenu. C’est souvent l’option la plus appropriée quand les dettes sont trop élevées par rapport au revenu, ou lorsqu’il y a peu de biens à protéger après le partage du patrimoine.

Contrairement à la croyance populaire, la faillite ne signifie pas tout perdre. La loi québécoise protège plusieurs biens essentiels : votre voiture dans certaines limites, vos REER (sauf les cotisations des 12 derniers mois), vos meubles et effets personnels de base. Votre syndic vous explique précisément ce qui s’applique avant que vous preniez une décision

Exemple — Le cas de Patrick, 38 ans

Patrick s’est séparé il y a un an. Il loue maintenant un petit appartement, conduit une vieille voiture de 6 000 $ et n’a aucune épargne importante. Avec son revenu de 45 000 $ comme technicien, il rembourse péniblement 67 000 $ de dettes : ancienne marge de crédit conjointe, cartes de crédit utilisées pendant la séparation pour boucler les fins de mois, et une dette d’impôt de 8 000 $ liée à une fiscalité mal ajustée après le divorce.

Patrick ne pourrait pas tenir un paiement de proposition sur cinq ans. Son syndic chez BRESSE lui recommande la faillite personnelle. Comme il n’a pas de revenus excédentaires selon les normes du BSF, sa faillite se règle en neuf mois.

Résultat : Patrick conserve sa voiture, ses meubles et ses outils de travail. Ses dettes — incluant celle de Revenu Québec — sont effacées en moins d’un an. Il recommence sur de nouvelles bases, libre et avec un plan budgétaire clair.

Avantages


Solution rapide — 9 à 21 mois

Efface complètement les dettes libérables

Stoppe immédiatement créanciers et saisies

Aucun accord des créanciers requis

Inclut généralement les dettes fiscales

 

Inconvénients


Certains biens saisissables peuvent être remis

Impact crédit plus sévère (R9 vs R7)

Remboursements d’impôt versés au syndic

Procédure publique au registre fédéral

 


Faillite ou proposition : comment choisir après une séparation?

Le bon choix dépend de votre situation post-séparation. Voici les critères clés à considérer.

Biens à protéger (maison, REER)

Proposition : Tout est conservé

Faillite : Certains biens à risque


Revenu après séparation

Proposition : Stables et suffisants

Faillite : Modestes ou variables


Durée souhaitée

Proposition : Jusqu’à 60 mois

Faillite : 9 à 21 mois dans le cas d’une première faillite


Impact sur le crédit

Proposition : R7 — 3 ans après fin

Faillite : R9 — 6 à 7 ans après libération


Capacité à payer mensuellement

Proposition : Requise

Faillite : Pas requise


Idéale quand…

Proposition : Garder la résidence familiale est crutial

Faillite : Repartir vite et sans poids


 

Et la pension alimentaire dans tout ça?

C’est une question qui revient systématiquement dans nos rencontres avec des personnes séparées. La réponse est claire : la pension alimentaire n’est pas libérable, ni par la faillite ni par la proposition. Vous devez continuer à la verser, peu importe la procédure d’insolvabilité que vous entreprenez.

Cela vaut autant pour la pension alimentaire à l’ex-conjoint que pour celle aux enfants. Les arrérages de pension alimentaire suivent les mêmes règles : ils survivent à la procédure et restent dus.

En revanche, toutes les autres dettes courantes — cartes de crédit (même conjointes), marges de crédit, prêts personnels, dettes fiscales, factures impayées — sont généralement libérables. Votre syndic chez BRESSE analysera votre dossier en détail pour confirmer ce qui s’applique à votre situation.

Le bon moment pour consulter

Beaucoup de gens attendent que la situation devienne critique avant de consulter — mais après une séparation, plus on consulte tôt, plus on a d’options. Si vous voyez que vous allez avoir du mal à rembourser vos dettes seul, prendre rendez-vous avec un syndic avant que les créanciers ne commencent leurs démarches vous donne une bien plus grande marge de manœuvre. La première rencontre chez BRESSE est gratuite et sans engagement.

Ce qu’un syndic chez BRESSE peut faire pour vous

Une séparation est rarement une situation purement financière — c’est aussi une période émotionnellement éprouvante. Chez BRESSE, nous accompagnons des gens qui traversent exactement ce que vous vivez. Voici ce qu’une première rencontre apporte concrètement :

  1. Une analyse complète et honnête de votre situation post-séparation : revenus, dettes, biens, capacité de paiement.
  2. L’identification précise des dettes conjointes et de votre exposition réelle.
  3. La comparaison des deux options — faillite ou proposition — adaptée à votre cas spécifique.
  4. Un plan d’action clair pour stopper les créanciers, immédiatement si nécessaire.
  5. Une coordination, si pertinent, avec votre avocat en droit familial.
  6. De l’écoute et de l’empathie — parce que parler argent après une rupture demande de la délicatesse.

 

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Témoignage

Merci à Émile, j'ai retrouvé mon équilibre et je me suis senti accompagné sans être jugé. J'ai conservé ma maison, ma voiture et tous mes autres actifs tout en évitant la faillite.

FAQ - Séparation et dettes

Voici quelques questions qui nous sont souvent adressées par des gens dans une situation qui ressemble à la vôtre

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